Que doit-on retenir de l’année 2011 pour le marché des jeux d’argent en ligne ?
Tout d’abord, que l’ouverture et la régulation du marché commencé en 2010 a permis à l’ARJEL, Autorité de Régulation des Jeux en ligne de prendre sa place de gendarme sur ce marché. Le bilan dans la lutte contre les sites illégaux est positif. S’ils continuent à proposer leurs services illégalement, ces sites sans licence française ont aujourd’hui moins de pouvoir de séduction pour les joueurs qui préfèrent jouer sur des sites agréés. Le Black Friday a sans aucun doute effrayé plus d’un joueur et parieur…
Deuxièmement, que la concurrence est rude. Les sites doivent attirer de nouveaux joueurs, garder leurs joueurs déjà inscrits, investir dans des opérations de marketing, de promotions, de publicité pour se faire connaître et apprécier, bref il faut aux opérateurs avoir les reins solides et des investisseurs patients.
Troisièmement, les paris sportifs ont baissé. Toutes les statistiques montrent que les internautes sont moins attirés par les paris sportifs. Il n’y a pas eu de Coupe du Monde de Football pour doper ses statistiques et les paris sportifs ont donc enregistré une baisse de 26% entre janvier et mars 2011 par exemple.
Enfin la fiscalité est trop lourde pour permettre aux opérateurs d’avoir des sites réellement rentables. Certains grands noms sont sortis du marché français, d’autres comme Betnet ont du déclaré faillite et se sont fait racheter… Même un site de poker dynamique comme Winamax n’a pas encore atteint son équilibre financier. La situation n’est pas dramatique, mais il y avait bon espoir dans le monde des jeux en ligne que le remaniement de la loi apporterait des modifications concernant l’assiette fiscale. Tous les opérateurs les réclament, tous les experts les demandent et même les politiques en charge de ce secteur comme le Sénateur François Trucy ou le député Jean-François Lamour les préconisent.
Or il n’y a pas eu de remaniement de la loi en novembre 2011 comme la loi elle-même le prévoyait et il est clair qu’il faudra attendre plusieurs mois après les futures élections présidentielles pour voir un changement de loi. Jean-François Lamour y travaille, mais il ne rendra pas sa copie avant mars 2011 trop près des élections pour que son rapport devienne projet de loi et ne soit voté dans la foulée.
Le monde des jeux d’argent en ligne français va donc devoir vivre pour l’instant avec les contraintes qui sont les siennes depuis la naissance du marché. Et attendre patiemment la fin de 2012 pour voir la hauteur de la taxe imposée par l’Etat réévaluée.

