Les autorités chargées de l'application de la loi européenne ont dit vendredi qu'ils ont arrêté les meneurs d'ententes de jeux de grande envergure que l'on soupçonne avoir comploté pour influencer les résultats de 200 matchs de football dans neuf pays du continent.
Annonçant que 17 personnes ont été arrêtées – 15 en Allemagne et 2 en Suisse – des procureurs ont déclaré qu'ils ne pourraient avoir découvert que le début du scandale dans lequel les parieurs sont accusés de corruption envers les joueurs, les fonctionnaires et les entraineurs. La police a dit qu'ils ont saisi plus d'un million d'euros (environ 1,48 million de dollars) en liquide ainsi que d'autres actifs, après plus de 50 raids mardi en Allemagne, Grande-Bretagne, Suisse et Autriche.
Parmi les jeux sous suspicion il y en a trois en Ligue des Champions, le tournois prestigieux des meilleures équipes d'Europe.
« Sans aucun doute, il s'agit du plus gros scandale de paris dans l'histoire du football Européen, » a dit Peter Limacher, la tête de la discipline pour l'instance dirigeante du football européen.
Une telle caractérisation est extrêmement grave, étant donné que les scandales de matchs truqués ne sont pas nouveaux dans le football Européen. Les meilleures ligues en Italie et Allemagne – incluant certaines des meilleures équipes du monde – ont déjà leur propres crises, moins étendues ces dernières années.
La dernière enquête qui a été conduite par le police Allemande, suggère que le sport est encore plus miné par la corruption à tous les niveaux, que les fans et autorités ne peuvent le suspecter.
La police a dit que le nombre d'arrestations pourrait augmenter, tout en estimant que le principal de la bande étaient en garde-à-vue.
L'unité allemande d'organisation du crime, basée ici dans la région de la Ruhr, près de Düsseldorf, et l'organe directeur du football européen, connu par son acronyme, UEFA, a refusé d'identifier les suspects ou de spécifier le jeu en question, disant qu'il compromettrait l'affaire. Un club de football allemand, F.C. Würzburg Kickers, a admit qu'un de ses joueurs a été arrêté dans le mouvement. Il a déclaré que le joueur avait été impliqué dans un précédent scandale de pari.
Certains éléments de preuve ont été découverts par écoutes téléphoniques. L'Allemagne avait créé un précédent pour cela en 2005 quand un arbitre, Robert Hoyzer, s'était fait prendre pour avoir truqué les matchs pour le compte d'un cartel croate. Plusieurs mois plus tard, une corruption dans la Top Ligue d'Italie a été exposée : le chef exécutif et le manager général de la Juventus, une des meilleures équipes du monde, ont été accusés de créer un réseau de fonctionnaires, propriétaires, arbitres et journalistes pour influencer la mission d'arbitrage et donc les résultats des jeux de ligue.
En plus de suspecter les trois ligues des champions, les enquêteurs ont annoncé vendredi qu'ils ont des preuves impliquant douze matchs dans la ligue Européenne, une autre compétition inter-Européenne.
Par ailleurs, l'enquête n'a pas découvert de preuves de trucage de match dans aucune des ligues de haut niveau en Angleterre, Espagne, Italie ou France. Les stars du sport, qui ont des salaires supérieurs à 5 millions de dollars, ne sont pas susceptibles d'être sensible aux pots de vin, selon les autorités. Ils ont souligné que les clubs marquis comme Barcelone, Manchester United, Bayer Munich et A.C. Milan n'étaient, jusqu'à présent, pas suspectés de truquer les jeux.
En Allemagne, Belgique et Suisse les deuxièmes rangs des ligues professionnelles sont impliquées, selon la police. En Autriche, Bosnie, Hongrie; Turquie, Slovénie et Croatie, les jeux des meilleures ligues comme ceux des ligues secondaires sont impliquées.
L'Allemagne et la Turquie sont les deux pays avec le plus de jeux en question, avec 32 et 29 implications. Les autorités ont affirmé que seuls les matchs de football étaient concernés et non les autres évènements sportifs.
M. Limacher a soutenu qu'il n'y avait pas de preuves que les matchs avaient été truqués avant cette année et qu'il ne voulait pas spéculer sur cette possibilité. Environ un an plus tôt, le Conseil d'Administration divulguait qu'il avait trouvé des preuves de paris suspicieux sur 26 matchs de football. A ce moment, il disait que les jeux étaient en Europe de l'est, et n'impliquaient que des équipes obscures et jouant à des niveaux relativement bas.
L'ampleur de la corruption décrite vendredi est apparue comme une surprise pour la UEFA. Pas plus tard que lundi, William Gaillard, un conseillé du président de l'organisation, Michel Platini, insistait dans une interview sur le fait qu'il ne connaissait aucun cas en dehors de ceux qui avaient été signalés à la police européenne la saison dernière. Et qu'il était, selon lui, peu probable que quoique ce soit ne face surface en dehors des matchs de niveau inférieur, surtout en Europe de l'est.
Vendredi, les représentants de la loi ont fait la preuve d'au moins 10 millions d'euros, soit environ 14,8 millions de dollars, gagnés illégalement par les cartels de jeux de hasard.
« Mais ceci n'est sans doute que le haut de l'iceberg, » a précisé Friedhelm Athans, le chef de la police de de Bochum. Il ajoute que dans certains cas, les jeux ne se terminaient comme les conspirateurs l'avaient espéré – ou alors ceux-ci empochaient encore plus que prévu.
Pour influencer les joueurs, les coachs ou les arbitres pour truquer un jeu, selon les autorités, l'argent n'est pas toujours le facteur le plus important. Il est possible, par exemple, que certains parieurs soient capables de surprendre le joueur dans une situation compromettante et le soudoient pour payer leur silence.
En dehors de l'enquête en cours, il existe des preuves que les cartels de paris basés en Asie ont été impliqués en truquant des matchs à un niveau beaucoup plus bas que les meilleures ligues professionnelles de football. Certains jeux ont drainé des millions de dollars dans les paris, selon les autorités, suggérant que le groupe a cherché à voler en dehors des radars en se concentrant sur des jeux n'impliquant que des joueurs professionnels à temps partiel.

