Les jeux d’argent en ligne au Canada

sam, 2012-03-17 02:00 — Gabrielle

Drapeau CanadienLe Canadien Calvin Ayre vient la semaine dernière d’être mis en accusation par la justice américaine qui a pris la mesure de bloquer le site de jeux du fondateur de la marque bodog.com.

La justice américaine - on le sait depuis 2006 avec l’entrée en vigueur de la loi UIGEA et surtout depuis le vendredi noir d’avril 2011 qui a vu plusieurs grands sites de jeux en ligne bloqués par le FBI et le Département de justice américaine - traque les sites illégaux et les sites soupçonnés de fraude et blanchiment d’argent. Les mesures sont souvent extrêmes, mais les autorités américaines tiennent à faire respecter la loi avant de mettre en place une régulation des jeux d’argent en ligne et permettre les jeux de casinos et autres paris en ligne.

Le Vancouver Sun a réagi à cette mise en accusation de Calvin Ayre, citoyen canadien, et à la tolérance que semblent montrer les autorités canadiennes pour les jeux en ligne.

En fait, il existe bien une loi qui n’autorise que les gouvernements de chaque province à décider de leur régulation ou nom des jeux en ligne.

La province de Québec a déjà mis en place son marché des jeux en ligne avec le casino Internet de Loto-Québec, Espace Jeux, ainsi que la Colombie Britannique.

Il y a quelques semaines, le gouvernement de l’Ontario a annoncé sa volonté d’aller de l’avant dans ce secteur et après des études et consultations qui ont duré plus d’un an et demi, la société des jeux de l’Ontario, l’OLG, a lancé un appel d’offre pour pouvoir mettre en ligne ses services de jeux de casinos, machines à sous, loteries, poker, etc. Donc très bientôt la province de l’Ontario va rejoindre le monde des jeux en ligne et apportera une vraie plus value à l’offre canadienne des jeux d’argent en ligne.

Mais pour l’instant, il est vrai que les mesures sont floues et la loi n’est pas appliquée. Paul Burn, vice-président de la Canadian Gaming Commision tranche : « Soit on met en application la loi existante et on la respecte à la lettre, soit on crée un cadre dans lequel les sites offshores seront régulés. Au Canada, on ne fait visiblement rien des deux ».

Car bien sûr le marché illégal joue de ce flou juridique. Il est estimé que environ 2000 sites de casinos en ligne et poker en ligne offshores sont accessibles pour les joueurs canadiens et réalisent de manière totalement illégale près de 85% de leur chiffre d’affaires au Canada sans bien sûr payer aucun impôt.

Les autorités canadiennes sont bien conscientes du manque à gagner pour le pays estimé à près de 4 milliards de dollars… Et c’est bien pour cela que l’on voit chaque gouvernement de province prendre des décisions afin de proposer des services légaux dans un marché de jeux d’argent en ligne régulé et contrôlé.

Car la régulation permet non seulement de lutter contre les fraudes et blanchiment d’argent mais de protéger les joueurs y compris et surtout les joueurs compulsifs et les mineurs. La province de l’Ontario a d’ailleurs précisé que les mesures de prévention permettraient de limiter l’accès des joueurs addicts aux jeux et de contrôler l’âge de ceux qui s’inscriront dans les casinos en ligne. Une fenêtre s’ouvrira pour indiquer le temps passé, l’argent dépensé depuis le début de l’inscription du joueur afin de les sensibiliser à leurs dépenses de temps et d’argent.

L’année 2012 va donc être une année décisive pour le marché canadien des jeux en ligne.